La forêt est intimement mêlée à l’histoire de l’homme et à ses progrès ;
l’homme y a d’abord cherché sa nourriture sous forme de fruits et de gibier,
il y a souvent installé son gîte. Nous sommes des êtres de la forêt et pas seulement parce que nos ancêtres vivaient dans les arbres. Sans les arbres, nous ne pourrions pas survivre. Ils nous protègent de la fureur de la nature et de nos propres folies.Sur les montagnes, les bassins versants boisés régulent les ressources en eau d’un tiers des humains. Le long des côtes, les forêts de palétuviers
protègent la terre des tempêtes et des tsunamis, et servent de nourriceries aux poissons.
Partout, les arbres absorbent une partie du dioxyde de carbone qui autrement accélérait
le réchauffement mondial. Pourtant, dès que l’humanité a commencé à labourer la terre, elle a traité les arbres en ennemis plutôt qu’en amis. Ils nous gênaient et occupaient des terrains que nous souhaitons cultiver ou habiter. Pire encore, ils semblaient servir de refuge aux sorcières et aux bêtes féroces, et aux voleurs et guerriers susceptibles de nous attaquer.Alors on a très vite considéré qu’il valait mieux les couper.
Depuis quelques décennies, cette politique se retourne contre nous.
Le déboisement des bassins versants provoque l’assèchement des ressources en eau,
la pluie dévale les coteaux mis à nu et provoque des inondations. Les mangroves,
déracinées et aménagées en élevages piscicoles ou en complexes touristiques,
exposent les populations à la violence de la mer. Et en brûlant les forêts,
on libère du dioxyde de carbone qui accélère et aggrave le changement climatique.
Pourtant, certains peuples n’ont jamais adopté cette approche destructrice.
Dans la forêt, des cultures indigènes ont appris à exploiter leur environnement tout en le préservant.
Si nous voulons vivre en harmonie avec la nature, nous avons beaucoup à apprendre de ces peuples.
Notre génération doit mettre fin à cette agressivité vis-à-vis de la forêt. Elle doit s’inspirer
de l a sagesse des cultures indigènes. Si elle ne le fait pas, l’avenir des forêts actuelles et
le nôtre se présentent bien mal.
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